Lundi 16 mars 2020 – Une campagne en suspens, mais dont les résultats montrent l’urgence de repenser nos modèles pour les rendre plus durables et résilients. Réaction à chaud de Stéphane Baly au lendemain du premier tour des élections municipales.

 » Il est aujourd’hui utopique de se dire que l’on ne peut rien changer. « 

Stephane Baly, candidat a la mairie de lille au lendemain du 1er tour

En ce lundi matin 16 mars, nous avons rendez-vous avec Stéphane Baly, candidat les Verts pour la mairie de Lille, dans son local de campagne au coeur de Wazemmes. Nous y allons en vélo. Une impression bizarre de « jour d’après ». Les rues sont presque vides. Les cyclistes que nous croisons sont des livreurs de repas. Des joggers traversent les rues, il fait bon ce matin courir, un soleil de printemps pointe son nez. Les rideaux des magasins sont baissés, seules les livraisons de marchandises sont acceptées. Les chantiers fonctionnent, des ouvriers se nettoient consciencieusement les mains au dos de leur camionnette. Les bus sont vides, les chaises des terrasses des brasseries de la gare sont entassées dans les vitrines. Nous arrivons au local des Verts où l’ambiance est effervescente. On se réjouit, mais on se questionne : deuxième tour ou pas ? Les demandes de rendez-vous pour l’organisation potentielle du second tour se bousculent au téléphone. Nous avons très peu de temps, une importante réunion va commencer.

Une fin de campagne suspendue.

Quels ont été les impacts de la crise sanitaire sur votre campagne ?

Notre campagne a en réalité démarré le 27 février 2019, un jour de pic de pollution. Puis nous avons constitué notre équipe et nous sommes réellement sur le terrain depuis novembre. Cette fin de campagne est tout à fait inédite et se termine en suspens malgré nous. Nous avons fait campagne jusqu’au vendredi 13 mars 23h59, heure à laquelle je collais ma dernière affiche sur le panneau électoral face au beffroi. 

Des électeurs qui avaient déjà décidé de limiter leurs sorties.

Nous avons organisé notre dernier meeting le jeudi 5 mars, et nous n’avons eu que deux tiers du public espéré. Certes il pleuvait beaucoup, mais les électeurs avaient déjà pris conscience de la crise. Nous n’avons plus fait aucune réunion publique ensuite. Vendredi matin dernier, nous sommes allés sur le marché de Lille Sud. La fréquentation y était quatre fois inférieure à la normale. Je retiens que nous avons eu la plus grosse fréquentation pour un meeting de campagne sur Lille dans un contexte inédit.  

Un second tour qui ne devrait pas avoir lieu dans le contexte actuel.

Comment cette crise impacte la suite de votre campagne ? 

Le Premier Ministre nous a délivré une réelle injonction contradictoire. En nous disant en résumé « Restez chez vous mais allez voter ». D’un point de vue sanitaire, cela laisse à penser que s’il est possible d’aller voter, alors on peut mener sa vie comme d’habitude. Il aurait été sage de reporter le premier tour du scrutin municipal. Mais il a eu lieu. Dans beaucoup de communes comme à Calais, Béthune ou Tourcoing, le maire a été élu au premier tour. Il reste des villes où un second tour est nécessaire. Il ne peut pas avoir lieu dimanche dans les circonstances actuelles. Il faut enregistrer le premier tour et attendre un retour à la normale pour organiser le second tour.

Un moment de prise de conscience important : notre modèle économique n’est pas durable.

Pensez-vous que cette crise va changer notre façon de vivre ?

Si à l’issue de cette crise on se précipite pour consommer tout ce que l’on n’aura pas pu consommer durant cette période, ce n’est évidemment pas le modèle que je défends. Nous sommes face à une pandémie mondiale, et cela questionne toutes les organisations en terme de résilience et de dépendance. Quand une majorité des principes actifs de nos médicaments est élaborée dans un seul pays, chacun réalise alors l’importance de cette dépendance et peut se questionner sur les effets de la mondialisation. L’hyperconcentration des marchandises dans un pays et leur déplacement aux quatre coins du globe est un modèle non durable d’un point de vue climatique et en plus non résilient.

Des réponses à la hauteur des enjeux.

Est-ce que le repli sur soi ce n’est pas couper les liens avec le reste du monde ? 

Le repli mortifère et le rejet d’autrui n’est aucunement la solution. Il est possible d’envisager une voie d’action pragmatique en observant ce qui est en train de se passer : la relocalisation de l’économie. Il est aujourd’hui utopique de se dire que l’on ne peut rien changer. Regardons le monde tel qu’il est : le climat qui se dérègle, les migrations climatiques sont là. Apportons des réponses à la hauteur de ces enjeux.

La voie du repli n’est pas la solution et les Lillois n’en veulent pas.

Votre message de contagion positive ?

Hier, nous avons vu que le temps de l’écologie était attendu à Lille. C’est un vote positif et d’espoir. Un quart des électeurs lillois s’y sont retrouvés et le repli mortifère porté par l’extrême droite n’a pas eu le succès escompté. Nous ne pouvons que nous en réjouir. C’est une vraie prise de conscience. La voie du repli n’est pas la solution et les Lillois n’en veulent pas.

Le mardi 17 Mars, nous avons sollicité le bureau de campagne de Martine Aubry, candidate PS à sa réélection à la mairie de Lille. Celle-ci n’a pas souhaité nous recevoir par manque de disponibilité lié au démarrage du confinement.

Un commentaire sur « Ils ont la parole : Stéphane Baly tête de liste des Verts aux municipales de Lille interviewé par Sophie Mayeux »

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